Sommaire : I - Généralités
II - Les règles de base
III - La maintenance d’une souche du commerce
I - GénéralitésLe plancton (planctos = errant) est l'ensemble des organismes vivants qui flottent et se déplacent dans les eaux, sans pouvoir s'opposer aux courants et aux vents (exemple de la Physalie, méduse appelée couramment galère portugaise, qui flotte et se déplace au grés des vents). Il évolue dans différentes strates de la colonne d’eau et dans les sédiments (epibenthiques : sur les sédiments, hypobenthiques : dans les sédiments).
La taille des organismes planctoniques peut varier de quelques micromètres à plusieurs mètres (méduses). Le plancton est constitué de phytoplancton (phyton : plantes) et de zooplancton (zoo : animaux). Le phytoplancton constitue une grande partie de la biomasse des océans. Il est à l’origine de la plupart des chaînes alimentaires.
Le phytoplancton est constitué par des organismes appartenant à différents règnes : on distingue les cyanophycées (algues bleues) qui sont des procaryotes (sans distinction apparente d’un noyau où l’ADN est intégré), que l’on rapproche des bactéries et les algues unicellulaires vraies divisées en trois classes distinctes : les algues vertes (chlorophytes), les algues rouges (rhodophytes) et les algues brunes (phéophytes).
Depuis quelques années, les aquariophiles se sont intéressés à la culture et la maintenance de phytoplancton. Les tentatives de reproduction et d’acclimatation de certains poissons d’eau douce par le biais du zooplancton (killies) et marins (et les coraux hétérotrophes), la nourriture vivante zooplanctonique, la mise en place de réfugium en annexe sur les aquariums récifaux, la maintenance et le nourrissage de la biodiversité des pierres vivantes, substrat de DSB ou Jaubert etc..., justifient de plus en plus cette culture.
Le phytoplancton qui nous intéresse est surtout composé d'algues unicellulaires isolées ou regroupées (taille voisine de 5-10 µm). Je vous propose donc de vous expliquer simplement, la culture, la maintenance et la production du phytoplancton. La purification d’une souche sera abordée dans un autre article.
II – Les règles de baseLa première règle à savoir est qu’il est impossible de tenir à long terme, de l’eau verte bêtement préparée à partir d’une eau d’aquarium, un bulleur et un peu d’engrais. Cette technique peut être pratique ponctuellement, mais la diversité importante d’algues unicellulaires contenues dans votre eau, entraînera irrémédiablement la dominance d’une algue par rapport aux autres... et souvent... les filamenteuses seront de la partie. Il est donc primordial d’acheter une souche pure (très concentrée) ou d’isoler sa propre souche.
Le matériel employé pour la maintenance ne doit présenter aucune souillure et ne doit pas être au contact (ou servir) pour d’autres souches. Il doit être isolé du zooplancton et autres animalcules maintenus. Le mieux, sur une étagère, le phytoplancton doit être au dessus du zooplancton pour prévenir toute contamination possible.
La deuxième règle est de n’utiliser que de l’eau distillée ou osmosée pour la préparation des milieux nutritifs (toujours dans un souci de possibles contaminations) et le nettoyage du matériel. L’emploi d’acide chlorydrique dilué ou d’eau de javel est préconisé pour le nettoyage de la verrerie. La stérilisation des milieux et du matériel par micro-ondes (5-10 minutes) donne de bons résultats.
La troisième règle est que tous les milieux connus sont riches en nitrates et phosphates. Il est important, lors du nourrissage du zooplancton ou de vos animaux, de concentrer au maximum votre souche pour éviter de mettre trop d’eau enrichie (les artémias ne tiendront pas longtemps si les taux de nitrates sont trop importants).
Quatrième et dernière règle est de toujours surveiller vos paramètres physico-chimiques. Le phytoplancton, en fonction de votre souche, à des exigences précises (salinité, température, pH). Certaines espèces sont « plus souples » (exemple Dunalliena), d’autres quasi impossibles à élever (même dans les laboratoires, le genre Dinophysis), voire toxiques pour vos hôtes.
III – La maintenance d’une souche du commerceSi vous décidez d’acheter une souche du commerce, il faudra vérifier avant tout quelques points importants. La souche doit être très concentrée, exempte de tout autre organisme étranger, vendue dans un récipient maintenu à l’abri de la lumière.
Si l’achat se fait par correspondance, la durée de l’envoi ne doit pas excéder 96 heures, la fourchette des températures doit être comprise entre 10°C et 25°C, emballage soigné (polystyrène) si la température extérieure n’est pas comprise dans cette fourchette.
Un conseil, vous pouvez vous adresser à des laboratoires publics (IFREMER) pour acheter une souche (la Recherche manque de moyens), ce n’est pas plus cher, il y a du choix, et vous aurez de vrais conseils sur la maintenance.
Pour une bonne maintenance, Prenez une ou plusieurs bouteilles de soda (parois lisses afin de limiter les zones de sédimentation du phytoplancton). Pour le phytoplancton d’eau douce, préparez votre eau osmosée avec de l’engrais pour tomate (idéal pour le phytoplancton, car riche en nutriments) à 2 X la concentration indiquée sur la boîte. Pour du phytoplancton marin, préparez votre eau de mer synthétique (35 g/litre d’eau osmosée) avec de l’engrais pour tomate à 1,5 X (voire 1 X) la concentration indiquée sur la boîte (pourquoi ???? parce que les oligo-éléments à une concentration supérieure vont précipiter et ne vont jamais se dissoudre dans l’eau de mer. Il y aura apparition d’un précipité blanchâtre). Mettez votre souche à raison d'1/4 en volume dans vos bouteilles (3/4 de milieu de culture 1/4 de la souche). Aérez fortement avec un bulleur type céramique (facilement nettoyable à l’acide) et de la tuyauterie en silicone. Placer vos bouteilles sous une source lumineuse et éclairez 24h/24h à raison d’1 W/litre d’eau. La source lumineuse peut-être des tubes « basiques » type blanc industrie ou des vieux tubes d’aquariophilie (grolux, actizoo etc.). Sur une (ou des) bouteille(s) de 2 litres, mettez deux tubes horizontalement avec un espacement nécessaire pour que l’ensemble des colonnes d’eau soit éclairé de manière homogène. La température doit être constante.
Au bout d’une semaine, l’eau deviendra bien verte.


Il est donc nécessaire de repiquer votre souche et vous pourrez commencer à nourrir vos animaux avec le phytoplancton. Pourquoi repiquer ? En se développant, le phytoplancton va absorber les éléments nutritifs du milieu et produire des déchets organiques. Ces déchets, au fur et à mesure de la multiplication du phytoplancton, vont se concentrer. La balance éléments absorbés/éléments produits sera déséquilibrée. Au bout d’un certain temps, il y aura diminution de la concentration de phytoplancton et la culture risque d’être perdue. Pour repiquer, gardez un bon tiers de votre bouteille, rajoutez du milieu de culture et redistribuez l’ensemble sur deux autres bouteilles, ect... Il est possible de passer sur de plus gros contenants ou des bio-incubateurs. La règle est toujours 1/4 phytoplancton pour 3/4 de milieu dans un volume supérieur à 0,5 litre et inférieur à 1-2 litres, puis 1/3 phytoplancton pour 2/3 de milieu dans des contenants de volume supérieur).

Afin de concentrer et de limiter l’eau (riche en éléments susceptibles d’entraîner des problèmes) apportée avec le phytoplancton, le meilleur moyen est la centrifugation (10 minutes à 3000 tours/min). Hélas, nous n’avons pas toujours les moyens de nous offrir ce type de matériel. Deuxième solution, la filtration est réalisée sur papier Watmann (mieux). Passez votre suspension phytoplanctonique sur votre filtre et récupérez votre phytoplancton en immergeant le filtre dans de l’eau provenant de votre bac, distribuez. Pour le zooplancton, un système de goutte-à-goutte : phytoplancton vers zooplancton, peut être envisagé.
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