Observation des larves d’Artemia à différents stades de leur développement
Les œufs fendus, laissant apparaître le nauplius enfermé dans sa membrane transparente, rattachée à l’œuf, et les larves âgées de moins de 3 semaines peuvent être examinées vivantes sous le microscope, au faible grossissement (100 X, 200 X). Les nauplii et les métanauplii bougent constamment, en battant l’eau de leurs appendices (les antennes et les antennules), et nagent dans tous les sens, ce qui rend très difficile leur examen sous le microscope. Pour les observer de façon précise, placez-les vivants dans une petite goutte d’eau salée, non recouverte d’une lamelle, de manière à permettre aux larves de bouger pour respirer, mais non de nager dans tous les sens. Veillez, lors de ces observations, à ce que la goutte d’eau salée ne s’évapore pas sur la lame du microscope. Ainsi, les animaux examinés peuvent rester en vie et être replacés dans la solution d’élevage, par simple trempage de la lame dans la solution d’élevage. Les métanauplii n’utilisant plus leurs antennes pour nager (5-9 mm de long) et les artémias adultes (10-18 mm de long) peuvent être examinées à l’œil nu et sous la loupe binoculaire (les animaux sont placés dans environ 10 ml d’eau salée, dans un Pétri propre, sous la loupe). Les artémias sont élevées dans des récipients transparents de verre ou de plastique, ce qui permet de les observer à l’œil nu sous tous les angles. Les adultes sont suffisamment gros pour être observés à l’oeil nu dans leur récipient d’élevage.
Récupération des œufs produits par les artémias en laboratoire
Lorsque les conditions d’élevage sont favorables, les artémias se reproduisent volontiers en laboratoire. Les souches sexuées (dont A. franciscana) produisent généralement des œufs dormants à coquille externe brun-orangé (chorion bien développé) ou des nauplii qui sont libérés directement dans l’eau lors des mues des femelles. Les souches parthénogénétiques (dont A. parthenogenetica) produisent essentiellement des nauplii et les mâles sont absents des populations. Les œufs accumulés au fond du récipient d’élevage et ont été récoltés à l’aide d’un petit compte-gouttes et ont été transférés dans environ 5 ml d’eau salée propre dans une petite bouteille à scintillation de pyrex fermant hermétiquement. Les bouteilles, contenant l’eau salée et les œufs produits en laboratoire, ont été conservées hermétiquement fermées dans un endroit obscur et frais durant un minimum de 10 jours. Les œufs ont été recueillis lors de chaque entretien hebdomadaire des colonies. Après 10 jours dans l’eau salée en conditions anoxiques, l’eau contenant les œufs a été presque totalement enlevée (quelques mm sont restés sur le fond de la bouteille avec les œufs) puis cette eau salée a été remplacée par un volume égal d’eau de source embouteillée afin de diminuer la concentration en sels. Les œufs ont été rincés une minute dans l’eau de source puis cette eau a été aspirée avec un compte-gouttes, laissant les oeufs au fond de la bouteille. Les bouteilles ouvertes contenant les œufs rincés à l’eau de source ont été mis à sécher sous une lampe de bureau de 40W durant 16 heures. Le rinçage des œufs à l’eau de source évite le dépôt de sels blanchâtres sur le fond de la bouteille lors de la déshydratation des œufs. Les œufs déshydratés ont été décollés du fond ou des parois de la bouteille en les poussant délicatement à l’aide d’une fine aiguille. Les œufs séchés ont été conservés par la suite au congélateur (-20oC) dans les bouteilles à scintillation hermétiquement fermées.
Résultats
Croissance et cycle vital de l’Artemia franciscana en laboratoire
Le nauplius fraîchement éclos
Peu après sa sortie de la membrane de l’œuf, le nauplius fraîchement éclos commence à nager, en sautillant d’avant en arrière. Le mouvement est lent au début, avec plusieurs pauses, puis il s’accélère peu à peu. Le nauplius avance dans l’eau, par ces sautillements d’avant en arrière, grâce aux battements incessants de sa deuxième paire d’appendices (les antennes, voir fig. 2). Ces mouvements sont indispensables à la respiration et à l’alimentation de l’animal. Ils entretiennent un courant d’eau continu autour de l’animal et permettent les échanges O2-CO2.
À La naissance, le nauplius a une forme triangulaire équilatérale, à l’œil nu, et a une taille d’environ 0,5 mm). Au microscope, son abdomen est court, de coloration orange foncé, tirant sur le brun, et aucune segmentation n’est visible. La coloration orangée du nauplius est due aux réserves de vitellus, composées de canthaxanthines et de caroténoïdes, utilisées au cours des 24 heures suivant son éclosion, avant la première mue (Persoone et al. 1980, Amoros et al. 1996). La bouche de la larve n’est pas visible. 24 h plus tard, une sorte de trompe, rabattue vers l’arrière, le labre, est visible, au microscope. L’avant de l’animal porte dorsalement une tache noire (œil punctiforme ou œil nauplien), sur la tête, entre les 2 antennules. Cette tache est, en fait, un point oculaire sensible à la lumière. Les nauplius recherchent la lumière car, dans la nature, c’est dans les couches d’eau les plus éclairées, près de la surface, qu’ils trouvent les plus fortes concentrations de d’algues unicellulaires, dont ils se nourrissent. Sur l’avant du corps de la larve (céphalothorax), se retrouvent les 3 paires d’appendices : les antennules, très courtes, de chaque côté de l’œil punctiforme, les antennes, qui sont les plus longs appendices à ce stade, et les mandibules de part et d’autre de la bouche, en position ventrale. Les antennes sont responsables de la nage continue de l’animal ; elles battent rapidement d’avant en arrière, ce qui fait avancer la larve dans son milieu. Les mandibules sont les appendices les plus courts et les plus difficiles à voir, même au microscope. Ils ont pour rôle de malaxer les particules en suspension dans l’eau, avant d’être avalées. Ces 3 paires d’appendices portent de longs poils qui servent de filtres pour amener vers la bouche les particules alimentaires en suspension dans l’eau. Il faut noter ici que l’Artemia salina est un crustacé filtreur, incapable de sélectionner les particules comestibles de celles qui ne le sont pas. Une eau trop chargée de minéraux non dissous ou en poussières empêchera partiellement les animaux de prélever la nourriture en suspension dans l’eau ce qui les affaiblit et les fait périr lentement (Persoone et al. 1980). Au microscope, on peut distinguer, sur une larve âgée de 48 h, le tube digestif, parcouru de contractions, de l’avant vers l’anus.
La plupart du temps, le nauplius nage en tournant sur lui-même et en effectuant de larges spirales. L’Artemia salina peut supporter des eaux très salées, jusqu’à 240%. Par contre, elle est très sensible aux variations négatives de salinité (dilutions). Des chutes brutales de salinité sont mortelles pour ces organismes, particulièrement chez les larves, dont le système de régulation osmotique est immature et incomplet.
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Je suis entouré de Trolls, c'est un échec et non un constat. :-)