I – Eclosion des cystes d’ Artémia salinaIl existe principalement deux techniques pour faire éclore les cystes. La première, la plus simple, est de faire éclore les cystes dans un incubateur (du commerce ou de fabrication maison) fortement aéré (brassage et échanges gazeux). Les cystes donneront des nauplii au bout de 48 H – 36 H. L’éclosion est dépendante de la température de maintenance. L’optimal de température pour augmenter les chances d’éclosion et pour diminuer le temps d’éclosion est de 25-26°C. La salinité doit être supérieure à 45 voir 50 g de sels synthétiques par litre d’eau. En effet, cette haute salinité empêchera fortement le développement de bactéries pathogènes et favorisa la séparation des nauplii, des cystes vides ou non éclos (qui sédimenteront au fond).
La deuxième technique consiste à faire « fondre » la cuticule des cystes. Technique simple mais qui obéit à un protocole strict. Les cystes doivent être hydratés dans de l’eau osmosée à température ambiante, pendant 30 minutes. Vous ajoutez ensuite une solution de chlore à 10% de volume égal au volume d’eau osmosée. Vous brassez les cystes pendant 10 minutes montre en main et vous rincez parfaitement vos cystes avec de l’eau de mer synthétique (disparition de l’odeur de chlore), à travers un filtre à café ou à nauplii d’artémia. Les nauplii seront présentes au bout de 18 heures (moyenne) et le taux d’éclosion sera plus important. L’avantage de cette technique est d’éliminer les cystes vides ou les cystes non éclos responsables de la pollution de votre milieu et occasionnant des soucis digestifs importants pour vos poissons, voir mortels pour certains alevins.
Selon la technique employée, les nauplii sont récupérés rapidement à travers un filtre et placés dans un bac préparé à l’avance. L'utilisation d'un spot lumineux éclairant la surface est primordial pour attirer les nauplii. Les nauplii vont se regrouper rapidement autour du halo et seront facilement récupérés et séparés des cystes vides (effet Lamparo).
II – Le bac d’élevageLa réussite d’un élevage d’artémia tient en cinq grands points :
- Nourriture appropriée
- Volume du bac
- Oxygénation et température de maintenance
- Taux de nitrates et phosphates
- Densité de population
Les Artemia sont des suspensivores, qui filtrent la matière organique, le phytoplancton et d'autres petits microorganismes présents dans les zones lagunaires. Les Artemia sont présentes dans de nombreuses régions du globe et donc s'adaptent à des régimes alimentaires variés.
La nourriture est primordiale car elle conditionne la multiplication de vos artemia et leur croissance. Le phytoplancton est la nourriture qui doit être utilisée pour le grossissement de vos nauplii. Selon l'espèce, les organismes phytoplanctoniques diffèrent en taille, en valeur nutritive (toxicité de certaines espèces), en facilité de multiplication etc... Pour ma part, je conseille plutôt un phytoplancton fin (
Nannochloropsis ou
Chlorella) au départ des nauplii, puis du phytoplancton en mélange (
Nannochloropsis,
Chlorella,
Dunalliena,
Porphyridium) pour les artemia adultes. Le mélange de phytoplancton a l'avantage d'apporter un maximum de valeurs nutritives à vos artemia. A noter que chaque souche de phytoplancton doit être cultivée à part. Le mélange ne s'opère que lors de la distribution.
Ce phytoplancton peut-être distribué par goutte à goutte dans votre bac d'élevage. Certaines personnes co-cultivent le phytoplancton en présence d'artemia. Personnellement, je préfère le goutte à goutte qui permet d'avoir une réserve de phytoplancton pure et un contrôle des nutriments apportés à vos artemia.
Le volume du bac à son importance. Je vous conseille d'opter pour un bac de plus de 30-50 litres pour une faible production à une vieille baignoire de 300 litres intallée au fond du jardin, en été. Le volume d'eau important permettra de mieux contrôler certains paramètres physico-chimiques et surtout de pouvoir avoir une population plus importante d'artemia.
L'oxygénation de l'élevage permet un brassage de vos artemia, une aération du milieu (et une oxydation des déchets engendrés par les artemia) et la remise en suspension/dilution de la nourriture employée. La température optimale est de 25°C pour un bon rendement reproductif et pour accélérer la croissance des nauplii (21 jours en moyenne).
Les nitrates et les phosphates sont toxiques pour les artemia à forte concentration. Dans le cas d'une co-culture, le phytoplancton réduira cette production dûe au métabolisme des artemia. Mais cela n'est pas toujours suffisant. De bons changements d'eau sont un plus pour la réussite de votre élevage. Pour éviter de siphonner vos nauplii, aspirez l'eau à travers le diffuseur de votre aérateur (opération longue et fastidieuse, réservée pour les petits volumes exclusivement) ou passez l'eau sur un tamis. L'emploi d'un DSB (lit de sable épais) serait une bonne alternative contre les nitrates (expérimentation en cours).
Dernier point : la densité de population. Il vaut mieux démarrer avec peu de nauplii. Une population trop importante, dès le départ, entraînera un manque rapide en nourriture, une explosion de bactéries pathogènes, la mort d'une grande partie des nauplii et un pic de nitrites fatal.
Et surtout, gardez vos cultures d'artemia propres et utilisez du matériel exclusivement réservé à vos micro-pensionnaires.
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