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 Les cloportes par Sauvage, partie V

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macropodus
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MessageSujet: Les cloportes par Sauvage, partie V   23/8/2007, 08:31

Nous avons observé les deux phases de la mue des cloportes. L’animal sur le point de muer s’immobilise d’abord et s’agrippe de ses pattes locomotrices sur le substrat, qui doit être solide et non friable. Ensuite, la moitié arrière du corps de l’animal se contracte lentement et régulièrement et, à chacune de ces contractions, on peut constater que cette portion du corps glisse de 1 ou 2 mm vers l’avant, laissant derrière elle la vieille carapace presque transparente, solidement fixée au substrat par les anciennes enveloppes des pattes locomotrices. Par une série de contractions, l’animal glisse lentement vers l’avant toute la moitié postérieure de son corps hors de la vieille carapace. Un liquide lubrifiant facilite le glissement du corps hors de la vieille carapace. Dès que l’animal s’est dégagé de la vieille carapace, il présente une moitié postérieure du corps plus petite que la moitié antérieure qui n’a pas encore mué. La portion postérieure du corps est molle et humide et le cloporte est très vulnérable aux attaques de ses congénères ou des prédateurs. Il peut toutefois se déplacer en n’utilisant que les quatre premières paires de pattes de la moitié antérieure de son corps qui n’a pas encore mué. Si on touche la portion humide et rétrécie du corps d’un cloporte qui vient de muer, celui-ci va fuir rapidement et présenter à l’agresseur la partie solide de son corps qui a soit déjà mué (partie arrière) ou qui n’a pas encore mué (partie avant du corps). Par des étirements successifs, l’animal agrandit la moitié postérieure de son corps fraîchement sortie de l’ancienne carapace (exuvie). La nouvelle carapace du cloporte ne peut augmenter de taille ainsi que les organes internes que durant les heures où elle est encore humide et non durcie. 12 heures plus tard, on reconnaît un cloporte qui vient de muer par la taille plus grande de la moitié postérieure de son corps par rapport à la moitié antérieure. Dès que la portion postérieure du corps du cloporte a terminé son accroissement et est suffisamment durcie, l’animal dévore presque totalement l’exuvie (ancienne carapace) blanchâtre toujours ancrée sur le substrat. Le cloporte récupère ainsi des résidus de sels minéraux, de chitine et de calcium restés dans l’exsuvie.
24 heures après la première phase de la mue, le cloporte s’immobilise à nouveau et dégage la moitié antérieure de son corps de la même façon que celle décrite ci-dessus mais en se reculant de quelques mm vers l’arrière à chaque contraction. Il dévorera également l’exuvie de la moitié antérieure de son corps et on remarquera que la moitié antérieure de son corps aura atteint la même taille que l’autre moitié de son corps.

Conclusions
Les cloportes sont des crustacés terrestres relativement faciles à conserver et à élever en captivité. Les soins alimentaires et d’hygiène sont simples et rapides et ces animaux sont peu sujets aux maladies. Ces crustacés sont capables de comportements sociaux élaborés (agression, compétition alimentaire, rivalité sexuelle entre mâles, repos en groupe, recherche des congénères lorsqu’un sujet est isolé du groupe, comportements de défense etc...). La mue est facilement prévisible chez ces crustacés ce qui laisse le temps à l’éleveur d’isoler les sujets sur le point de muer des autres cloportes et ce quelques jours avant la mue proprement dite, prévenant ainsi les mortalités durant la mue. Les cloportes s’accouplent facilement en captivité et l’accouplement est facile à observer de près. Les femelles sont ovovivipares ce qui évite l’incubation d’œufs pondus librement dans un milieu d’éclosion spécifique comme chez la crevette des lacs salés Artemia salina. Le milieu d’élevage des jeunes est identique à celui des adultes, contrairement à l’Artemia salina. La croissance des jeunes est assez lente, mais les femelles en produisent de grandes quantités à la fois (30-40 jeunes par ponte). Les adultes constituent une excellente nourriture vivante pour les oiseaux de cage et de volière ainsi que pour les reptiles et les poissons conservés en captivité. Enfin, les cloportes nouveaux-nés constituent une bonne nourriture pour les alevins de poissons d’aquarium ovovivipares (Poecilideae).


Référence citée

Grassé, P. P. 1985. Zoologie 1. Invertébrés 149-155.

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