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 Les cloportes par Sauvage, partie III

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macropodus
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MessageSujet: Les cloportes par Sauvage, partie III   23/8/2007, 08:30

3-Comportement alimentaire
Un cloporte affamé a tendance à se déplacer constamment dans le récipient où il est conservé. Il tâte le substrat de ses antennes, toujours en mouvement rapide lorsque l’animal se déplace. On reconnaît facilement un cloporte à jeûn par son tube digestif vide et visible par transparence lorsqu’on observe la face ventrale de l’animal devant une forte lumière. Si l’on dépose un morceau de nourriture dans le récipient contenant des cloportes affamés, ceux-ci vont d’abord s’immobiliser brusquement en touchant la nourriture de leurs antennes. Par la suite, les animaux vont tâter délicatement la nourriture de l’extrémité de leurs antennes et en effectuant de petits mouvements circulaires avec le dernier segment antennaire. Si la nourriture leur plaît, ils s’en emparent avec leurs deux premières paires de pattes locomotrices et l’attirent à leur bouche. S’il y a plusieurs animaux affamés autour du même morceau de nourriture, ceux-ci entrent en compétition et cherchent à se chasser mutuellement les uns les autres. Les animaux se menacent en secouant sèchement les antennes et en frappant celles des congénères situés trop près d’eux. Chacun s’empare d’un fragment de nourriture et recule pour l’entraîner avec lui et le manger en paix, loin de la convoitise des autres. Si la nourriture est trop difficile à déchirer en morceaux (cadavres d’insectes ou d’araignées) les cloportes mangent côte-à-côte en tiraillant la proie dans diverses directions. Les sujets les plus affamés et les plus gros sont généralement les plus agressifs lors de la distribution de nourriture, ils arrivent souvent à chasser d’autres individus plus petits qu’eux, lors d’un repas autour d’un seul morceau de nourriture. Les animaux vivant en groupe développent rapidement l’habitude de s’emparer d’un morceau de nourriture pour le manger en paix, un peu plus loin, quitte à retourner au morceau de nourriture principal lorsqu’ils ont terminé de consommer leur butin. Ce comportement persiste même si l’on place plusieurs morceaux de nourriture dans le vivarium. Nous avons constaté cependant que les animaux repus perdaient rapidement tout comportement agressif et qu’ils se regroupaient ensemble pour se reposer et nettoyer leurs antennes et leurs pattes, peu après un repas.


4-Comportements de nettoyage
Lorsqu’un cloporte a terminé un repas, il se nettoie consciencieusement les antennes avec sa première paire de pattes. Il fait glisser son antenne droite (de la base vers l’extrémité de l’antenne) sous la patte droite et ramène sa patte droite à sa bouche pour la faire glisser entre ses mandibules. Ensuite, l’animal fait glisser son antenne gauche sous la patte gauche, ramène sa patte gauche à sa bouche, pour y enlever les débris de nourriture. Le processus se répète deux ou trois fois et alternativement pour chaque antenne. L’animal nettoie ses antennes soit une à la fois ou simultanément. Il nettoie également ses pièces buccales par un mouvement circulaire de la première paire de pattes sur celles-ci puis en frottant ses deux pattes l’une contre l’autre avant de recommencer à frotter ses pièces buccales du même mouvement circulaire. De temps à autre, le cloporte nettoie toutes ses paires de pattes en les frottant l’une contre l’autre, d’un mouvement ondulatoire, il nettoie les pattes du côté gauche puis celles du côté droit. Enfin, l’animal nettoie également ses pattes abdominales aplaties (portant les pseudo-trachées) en les frottant de ses deux dernières paires de pattes locomotrices. Nous avons parfois observé que certains individus se frottaient lentement le dos contre la paroi du récipient ou contre un congénère en s’inclinant sur un côté et en faisant onduler lentement dans l’air quelques pattes, du côté soulevé du corps de l’animal. Les causes et les buts de ce comportement restent encore obscures à ce jour.

5-Comportement sexuel et accouplement
L’accouplement est interne chez ces crustacés terrestres. La première paire de pattes abdominales du mâle est modifiée en un stylet copulateur, le gonopode, dont la pointe effilée est orientée vers l’arrière. Le gonopode est composé de deux pattes abdominales très allongées et pointues qui se touchent sur toute leur longueur pour former un stylet creux (le gonopode). Au repos sexuel, le gonopode reste donc apprimé contre les autres pattes abdominales de l’animal. Cet organe est orientable vers l’avant et les côtés et peut il former un angle de 90 à 110 degrés avec la face ventrale de l’animal, lorsque celui-ci est excité sexuellement. Les cloportes femelles sont facilement reconnaissables par l’absence de gonopode sur les pattes abdominales, lorsqu’on examine une femelle renversée sur le dos. Par ailleurs, les femelles ont une forme plus large et plus arrondie que les mâles et les exopodites (stylets défensifs du dernier segment abdominal) des femelles sont légèrement plus petits que ceux des mâles. Les femelles ont deux orifices génitaux situés à la base de la première paire de pattes abdominales.

Lorsqu’on place un mâle en présence de deux ou trois femelles, celui-ci se promène en explorant son nouvel environnement et s’immobilise brusquement, dès que ses antennes entrent en contact avec une femelle. Par la suite, le mâle tâte délicatement le dos de la femelle de l’extrémité de ses antennes et en effectuant de petits mouvements circulaires avec le dernier segment antennaire. Le mâle entre le plus souvent dans un état d’excitation et il grimpe rapidement d’un bond sur le dos de la femelle. Il frappe des ses antennes, par petits coups saccadés, le dos de la femelle qui soit s’enfuit, en tressaillant du corps vers le haut plusieurs fois, soit repousse le mâle en cherchant à grimper sur lui pour le mordre, si elle n’est pas réceptive. Si la femelle est réceptive, elle laisse le mâle grimper sur son dos. Celui-ci, par de curieux tressaillements saccadés de tout son corps, se place plus ou moins perpendiculairement à l’axe longitudinal de la femelle et lui tapote vigoureusement le dos de ses antennes et de ses quatre premières paires de pattes locomotrices, par coups rapides et saccadés. La femelle lui répond en secouant sèchement les antennes et en restant immobile. Le mâle continue de tapoter de dos de la femelle, tout en s’agrippant solidement à son dos de ses quatre premières paires de pattes locomotrices. Il se penche vers un des côtés du corps de la femelle, toujours en tressaillant du corps de façon rapide et saccadée, et se sert de quelques pattes locomotrices restées libres pour s’appuyer sur le substrat et soulever le rebord de la carapace de la femelle. Le mâle place alors son abdomen à angle droit par rapport au rebord du corps de la femelle et déploie son stylet copulateur de 90 à 110o vers l’avant pour pénétrer soit dans l’ouverture génitale droite, s’il aborde la femelle par la droite, soit dans l’ouverture génitale gauche s’il a abordé la femelle par la gauche. Les deux cloportes s’immobilisent dans cette position durant 5 à 10 minutes après quoi le mâle se retire et replie son gonopode contre ses pattes abdominales. Il se replace au milieu du dos de sa partenaire et celle-ci commence à se déplacer, entraînant avec elle le mâle perché sur son dos. Celui-ci finit par redescendre du dos de la femelle et se repose quelques instants, oscillant curieusement son abdomen de bas en haut. Il peut s’accoupler à nouveau avec la femelle quelques minutes après un premier accouplement. En observant de près les animaux accouplés, nous avons pu constater que les deux appendices allongés et pointus formant le gonopode du mâle, glissent en sens contraire l’un contre l’autre alors que le gonopode est enfoncé dans l’ouverture génitale de la femelle. Lorsque l’accouplement est terminé, le mâle est retiré du groupe de femelles et est replacé avec ses congénères mâles. Les mâles peuvent s’accoupler un grand nombre de fois au cours de leur vie (2 à 3 ans). Les femelles adultes sur le point de muer semblent davantage réceptives aux mâles que les femelles dont la mue est terminée depuis quelques semaines. Nous avons constaté que les jeunes mâles de 8 mm de longueur cherchaient également à s’accoupler avec des femelles adultes mais qu’ils n’y parvenaient pas, vu leur trop petite taille par rapport à celle de la femelle adulte (ces jeunes mâles étaient trop petits pour atteindre le substrat de leurs pattes alors qu’ils étaient perchés sur le dos de la femelle plus grosse qu’eux et ne pouvaient prendre appui sur le substrat pour soulever le rebord de la carapace de la femelle afin d’atteindre ses orifice génitaux).

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