Résultats
Conditions optimales de captivité pour le cloporte des caves Porcellio scaber
Le papier-mouchoir humide constitue un substrat d’élevage idéal, étant dépourvu de pathogènes éventuels, présents dans la terre prélevée sur le terrain. Cependant, l’usage de terre noire commerciale à jardin constitue également un substrat d’élevage convenable, voire plus naturel, toutefois, l’enlèvement des excréments et des débris alimentaires est plus difficile sur la terre noire que sur le substrat de papier humide. Le substrat d’élevage doit être humide en permanence sans être détrempé, l’eau de source doit pénétrer le papier ou la terre et non rester en surface, ce qui risque de noyer les cloportes. L’eau ne doit sortir du papier ou de la terre que si l’on appuie dessus avec le doigt, elle doit retourner dans le substrat dès qu’on relâche la pression du doigt. Les cloportes se conservent facilement des mois dans ces conditions surtout si le renouvellement du substrat de terre ou de papier est fréquent (tous les deux ou trois jours). L’eau de source embouteillée, ozonée ou non, convient très bien pour humidifier le substrat d’élevage, l’eau fraîche du robinet étant nocive par la présence de chlore et d’autres métaux lourds présents dans les canalisations d’eau potable. Les cloportes sont des animaux incapables de survivre dans un milieu complètement sec, contrairement aux escargots qui s’enferment dans leur coquille calcaire, étanche à l’eau. Les cloportes ont besoin d’une fine pellicule d’eau de quelques microns d’épaisseur sur leurs pattes abdominales, porteuses des pseudo-trachées, responsables de la respiration. Ils utilisent la vapeur d’eau contenue dans l’air pour humidifier en permanence leurs pattes abdominales. Le substrat de papier-mouchoir humide assure également aux animaux un point d’appui plus solide et moins friable que la terre humide, lorsque l’animal s’immobilise pour muer.
Comportements sociaux
1-Repos diurne
Les cloportes sont des animaux semi-grégaires en captivité et en nature. Dans la nature, ce sont des animaux nocturnes qui se déplacent beaucoup à la recherche de nourriture. En été, lors des nuits chaudes et humides, on peut parfois observer ces crustacés qui se promènent la nuit dans le jardin ou sur les surfaces asphaltées ou cimentées. Les déplacements nocturnes des cloportes sont toujours solitaires alors qu’ils se regroupent par bandes de 5 à 20 individus sous des pierres ou des débris lors de leur repos diurne. En captivité, nous avons constaté que les animaux ont tendance à se regrouper côte-à-côte dans un même secteur du fond du récipient dans lequel ils vivent et ils restent immobiles une bonne partie de la journée. Si l’on repousse un individu, avec un petit bâtonnet, loin du groupe de ses congénères, le cloporte isolé se déplace rapidement, en remuant rapidement les antennes (l’animal se sert ses antennes pour explorer son environnement et détecter les obstacles qui se présentent devant lui), et s’immobilise à nouveau dès qu’il a repris un contact direct avec le groupe de ses semblables. Lorsque le cloporte isolé rejoint le groupe d’individus immobiles au repos, les individus du groupe qui sont touchés par les antennes du nouvel arrivant réagissent en secouant sèchement une antenne ou les deux. Parfois, si le cloporte arrivant grimpe sur le corps d’un ou plusieurs individus, ceux-ci tressaillent du corps vers le haut, à deux ou trois reprises. Si l’on conserve isolément un cloporte, celui-ci aura tendance à s’immobiliser le long des parois circulaires du pot ou contre un petit objet (petit caillou) qui a été placé sur le fond du pot. Pendant le repos et également lorsque le cloporte est actif, les endopodites, ces deux petits appendices en forme de fines aiguilles, situés entre les deux stylets terminant le corps de l’animal, s’écartent de quelques dixièmes de mm et se rapprochent à intervalles réguliers, cela semble être dû aux mouvements des pattes abdominales respiratoires, mouvements qui sont assez difficiles à observer à l’œil nu.
2-Comportements agressifs et défensifs
Les cloportes sont capables de comportements agressifs et compétitifs surtout en présence de nourriture et parfois lorsque deux mâles veulent accéder à la même femelle disponible pour l’accouplement. Le cloporte agressif donne de petits coups d’antennes sur le dos de son adversaire et si l’autre sujet ne réagit pas, le cloporte agressif grimpe en partie sur son dos et frotte énergiquement ses mâchoires ouvertes contre le dos de l’animal attaqué qui finit soit par s’enfuir soit par riposter à coups d’antennes et en cherchant à grimper sur le dos de l’attaquant pour le mordre à son tour. Parfois, le cloporte attaqué par un rival plus gros que lui va arquer le dos vers le haut et dresser vers le haut et l’avant de son corps les deux stylets (exopodites) terminant le dernier segment du corps de l’animal (uropode). Les deux stylets exsudent alors chacun une goutte d’un liquide clair et visqueux. Si les antennes ou les pattes du cloporte attaquant touchent à ces gouttes de liquide, émises par le cloporte attaqué, l’attaquant va s’enfuir brusquement et passer plusieurs minutes à se nettoyer les antennes, les pattes et les pièces buccales. Nous avons provoqué l’émission de ces gouttes défensives en prenant par les côtés du corps un cloporte adulte, renversé sur le dos, et en lui touchant délicatement, avec l’extrémité d’un trombone déplié, la base des pattes abdominales. Une petite partie des gouttes défensives émises a été recueillie sur l’extrémité du trombone déplié et a été placée par contact direct sur les antennes ou les pattes d’un autre cloporte ou d’un insecte prédateur comme un carabe (Carabus). L’animal dont les antennes sont engluées de liquide se débat et nettoie frénétiquement ses antennes et ses pièces bucccales ce qui nous laisse supposer que les gouttes émises par les exopodites d’un cloporte attaqué ont une fonction défensive intra et inter spécifique. Ces comportements de défense sont spécifiques aux cloportes des caves Porcellio scaber et au cloporte des murs Oniscus asellus.
Le cloporte-tatou (Armadillidium vulgare) dispose d’un autre moyen de défense s’il est attaqué par un prédateur ou un congénère. Il s’enroule en boule parfaite, accolant la première moitié de son corps sur la deuxième moitié, protégeant ainsi toute sa face ventrale. Il présente à son agresseur sa carapace dure et luisante difficile à saisir et à mordre pour un arthropode prédateur comme un carabe (Carabus) ou un scolopendre (Lithobius). Dès que le danger est passé, le cloporte-tatou remue prudemment les antennes et se déroule lentement pour ensuite poursuivre ses occupations ou se mettre rapidement à l’abri sous une pierre ou un autre débris. Cette espèce présente les mêmes comportements d’agression que Oniscus asellus et Porcelio scaber, seul le moyen de défense diffère.
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Je suis entouré de Trolls, c'est un échec et non un constat. :-)