Les drosophiles adultes vivent environ un mois et les générations se succèdent rapidement, environ deux par mois à 20oC. L’étude de la transmission des caractères héréditaires est ainsi facilitée chez cet insecte. Les chercheurs ont découvert de nombreuses mutations apparues accidentellement dans les élevages. Les mouches du type sauvage ont un corps brun-jaunâtre, un abdomen rayé de gris ou de noir, se terminant par une tache noire ou grise chez les mâles, des ailes repliées à plat sur le dos, et des yeux rouge foncé. Plusieurs mutants ont été découverts yeux blancs, roses, noirs ou brun clair, yeux étroits, ailes vestigiales, ailes doubles, ailes frisées, pattes sur la tête etc...(voir ci-dessous la liste des mutations). Les mutations au niveau des ailes sont particulièrement intéressantes car les mouches sont incapables de voler. Les gènes commandant la formation des muscles alaires et la forme de l’aile sont mutés ce qui empêche le fonctionnement normal de l’aile. Il existe deux catégories de mutants: ceux à ailes atrophiées et les autres à ailes développées mais non fonctionnelles. Les mutants à ailes atrophiées sont appelés mutants à ailes vestigiales, l’aile est très réduite et les muscles alaires sont atrophiés. Les mutants à ailes développées peuvent avoir des ailes écartées du corps à 90 degrés (ils sont incapables de replier leurs ailes le long du corps, l’une accolée au-dessus de l’autre, comme chez les mouches sauvages) ou posséder des ailes frisées, plus ou moins repliées le long du corps. Ces mutants peuvent faire vibrer leurs ailes et effectuer de petits sauts mais ne volent pas. Le transfert de ces mutants d’un milieu usagé à un milieu neuf est plus aisé puisque les insectes ne se déplacent qu’en marchant rapidement sur les parois des flacons. Un léger coup sur le flacon les fait tomber au fond ou dans un autre récipient d’élevage. Cependant, l’élevage de ces mutants est plus difficile que celui des mouches sauvages car la mortalité apparaît parfois chez les homozygotes pour certaines mutations (voir la liste des mutants de la drosophile à la fin de ce travail). Cette mortalité se manifeste au stade larvaire ou pupal dans la majorité des cas. La fertilité des souches mutantes pures finit également par diminuer, suite à des croisements qui font apparaître des mutations récessives affectant la fertilité des femelles ou des mâles. À titre d’exemple, des mouches scarlet croisées entre elles ont provoqué après deux ou trois générations l’apparition de mutants stériles aux yeux blancs et au corps brun pâle. Par ailleurs, les mouches incapables de voler (Curly, vestigial et apterous) s’engluent plus fréquemment dans le milieu de culture que les mouches volantes. Celles-ci ont le temps de prendre leur envol avant de tomber sur le milieu nutritif et les enlisements sont beaucoup plus rares.
Distribution géographique de la drosophile et présence au Québec
Bodenstein et al. (1950), Séguy (1950), Swan et Papp (1972) indiquent que la drosophile est d’origine africaine mais qu’elle s’est répandue dans le monde entier par les importation de fruits tropicaux dans les pays industrialisés (bananes et kiwis principalement). Des appâts contenant de la purée de banane sucrée ont été placés dans un quartier résidentiel de Québec (ville de Charlesbourg) ainsi que sur le campus de l’Université Laval durant les mois de juin et juillet 99. Ces pièges n’ont attiré aucune drosophile. Des mouches sauvages ont été observées par hasard à l’Ile d’Orléans au-dessus des paniers de framboises d’un producteur agricole. Les mouches ont aussi été observées dans la maison de ce producteur, principalement dans la cuisine autour des paniers de fruits frais. Les drosophiles sont fortement attirées par les bananes mûres ainsi que par les framboises mûres sur lesquelles elles pondent. Curieusement, les fraises, mêmes très mûres, ne les attirent pas. Plusieurs mouches de cet endroit ont été capturées puis élevées en laboratoire à l’Université Laval. D’autres drosophiles ont été observées dans les fenêtres des marchés d’alimentation de la région de Québec ainsi qu’au jardin botanique de Montréal dans la volière aux papillons. Les mouches étaient attirées par les portions d’oranges et de bananes très mûres mises à la disposition des papillons. Enfin, les drosophiles ont été observées autour des poubelles d’un bar laitier dans la ville de Québec. Ces insectes peuvent donc se retrouver à l’état sauvage au Québec durant la saison estivale. Ils apparaissent vers la mi-juillet et sont plus abondants en août-septembre au Québec. Les drosophiles passent probablement l’hiver dans les marchés d’alimentation, sur les stocks de fruits entreposés.
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Je suis entouré de Trolls, c'est un échec et non un constat. :-)