Résultats
Essais des milieux de culture
1-Purée de pommes seulement :
Les mouches se développent normalement mais, dans la plupart des cas, des bactéries et des moisissures contaminent le milieu, tuant prématurément les adultes et les larves. La purée de pomme utilisée contenait du sucre et était très peu acide, ce qui favorise le développement de bactéries et de moisissures. Cette méthode a été abandonnée, devant la trop forte recrudescences des moisissures et des infections bactériennes.
2-Purée de pommes et vinaigre
Les drosophiles sont des insectes capables de se développer dans les fruits acides en fermentation (insectes acidophiles). Les mouches de la famille des Drosophilidae sont attirés par les substances odorantes (végétales ou animales) en fermentation ou en putréfaction. Ces substances, mélangées avec de l’alcool amylique ou éthylique, de l’acide acétique ou lactique, et de l’éther acétique, les attirent davantage que si elles sont utilisées pures (Séguy 1950). Dans le cadre de ce travail, quelques gouttes de vinaigre blanc (acide acétique 5%), utilisé en alimentation, ont été ajoutées à de la purée de pommes, prélablement essorée de son jus, à l’aide de l’extrémité torsadée d’un papier-mouchoir propre. Le vinaigre et la purée de pommes étaient intimement mélangés à l’aide d’un trombone déplié et l’excès de liquide était absorbé avec un papier-mouchoir. L’objectif était d’acidifier le milieu nutritif et le rendre ainsi plus favorable aux drosophiles. Le problème des infections bactériennes, et surtout celui des moisissures, a été résolu, car ces organismes ne se développent pas dans un milieu acide. La première génération de mouches (sauvages ou mutantes) se développe normalement dans ce milieu, mais, par la suite, les mouches obtenues sont plus petites, de couleur plus pâle, et leur fertilité diminue, alors que la mortalité larvaire et pupale augmente, surtout dans les lignées mutantes. Des mouches scarlet (yeux rouge clair) et des mouches Curly (ailes recourbées vers le haut) sont devenues complètement stériles après la troisième génération dans ce milieu. Les insectes semblaient souffrir d’une carence en éléments nutritifs. Cette technique a aussi été délaissée.
3-Purée de pommes, solution de vinaigre, sucre et levure sèche
Nous avons découvert par la littérature (Bodenstein et al. 1950, Swan et Papp 1972) que les drosophiles se nourrissent en fait des micro-organismes associés à la décomposition et à la fermentation des fruits (bactéries et levures). Ces micro-organismes sont présents sur l’épiderme des fruits mûrs et non traités par des pesticides ou des fongicides. Les levures et les sucres constituent une part importante de la diète des larves et des adultes et assurent un développement normal ainsi qu’une grande fertilité (Bodenstein et al. 1950). Suite à ces informations, un troisième milieu de culture a été testé sur des mouches sauvages. Le milieu est similaire au précédent, sauf que du sucre blanc raffiné et de la levure sèche de boulanger étaient mis en solution dans le vinaigre, de façon à obtenir une solution laiteuse, riche en levure et en sucre. Cette solution de vinaigre sucré et de levure était ensuite mélangée à de la purée de pommes sucrée et essorée de son jus, comme détaillé précédemment. L’excès de liquide était retiré avec un papier mouchoir torsadé. Une pincée de grains de levure sèche était également éparpillée à la surface de la purée de pomme vinaigrée. Les mouches se développaient normalement d’une génération à l’autre sur ce milieu, surtout chez les souches sauvages. Les souches mutantes laissent souvent apparaître de nouvelles mutations récessives dans les générations subséquentes ce qui diminue leur fertilité et leur viabilité. Les larves grandissaient plus rapidement sur ce milieu nutritif alors que les adultes se tenaient dessus la plupart du temps, léchant de leur trompe la surface semi-liquide de la purée de pommes, imbibée de levure et de vinaigre sucré. Ce milieu est considéré comme optimal pour les Drosophiles.
Cycle vital de Drosophila melanogaster
Un ou deux jours après l’introduction de mouches dans le milieu d’élevage, des œufs blanchâtres sont déposés par les femelles gravides à la surface de la purée de pommes. Les femelles prêtes à pondre se reconnaissent à leur abdomen gonflé de couleur blanchâtre, vu du dessous, lorsque les mouches se promènent sur les parois transparentes du flacon d’élevage. L’examen à la loupe binoculaire révèle que ces œufs sont pourvus de deux filaments respiratoires à une extrémité. 24 heures après la ponte, à 20-25oC, ces œufs éclosent et donnent naissance à de minuscules larves translucides (0,5-0,6 mm) qui rampent à la surface de la purée de pommes. La reptation des larves de drosophiles est identique à celle des larves de lépidoptères (chenilles). Les larves des drosophiles, comme celles de la plupart des mouches, sont vermiformes, du type asticot , c’est-à-dire qu’elles ne possèdent pas de tête individualisée, comme les larves de lépidoptères ou de coléoptères. Les asticots de la drosophile ont une cuticule externe transparente, sécrétée par un épiderme cellulaire sous-jacent. Cet épiderme est confiné, du côté interne, par une fine membrane basale. La cuticule transparente est constituée de deux couches, l’exocuticule et l’endocuticule plus épaisse (Bodenstein et al. 1950). Sur une larve de 1 à 4 mm de longueur, on peut observer, à la loupe binoculaire, deux gros canaux argentés de chaque côté du corps translucide de l’animal. Ces canaux, les trachées, se ramifient très finement dans tout l’organisme de la larve et s’ouvrent sur l’extérieur par quatre stigmates pédonculés, deux petits à l’avant, de chaque côté de la région buccale, et deux plus gros à l’arrière, au-dessus de l’anus. Les stigmates antérieurs se ramifient en trois ou cinq minuscules filaments alors que les postérieurs sont plus ou moins circulaires et collés côte-à-côte. Des cils, entourant l’ouverture des stigmates, empêchent les liquides de pénétrer dans le système respiratoire de la larve. Les stigmates antérieurs ne sont pas développés chez les larves de premier stade (0,5-0,8 mm) mais ils apparaissent chez celles de second stade (1-2,5 mm) et s’ouvrent chez les larves de troisième stade (Bodenstein et al. 1950). Les stigmates antérieurs sont rétractables lorsque la larve s’enfonce dans le substrat nourricier (Bodenstein et al. 1950). Sur le dessus du corps, un canal bat rapidement, il s’agit des coeurs dorsaux et du système circulatoire, ouvert chez les insectes. Le corps de la larve est subdivisé en 12 segments et des papilles chitineuses noires sont visibles sur la face ventrale de chaque segment. La nourriture ingérée est visible par transparence dans le tube digestif de l’asticot. Des corps blanchâtres sont visibles, de part et d’autre du tube digestif de la larve, il s’agit des réserves adipeuses (lipides) de la larve. Les larves peuvent être différenciées sexuellement. Les larves mâles possèdent deux gros testicules situés parmi les réserves lipidiques, de chaque côté de l’intestin, à l’arrière du corps. Les testicules prennent l’aspect de deux structures ovoïdes grisâtres, se détachant nettement des réserves de lipides blanchâtres. Ces différences sont plus faciles à voir sur des larves de deuxième (2-3 mm) ou de troisième stade (4-5 mm). Les ovaires des larves femelles sont pratiquement invisibles dans les réserves de lipides de la partie inférieure du corps (Bodenstein et al. 1950, Demerec et Kaufman 1964). Il est ainsi possible de séparer les larves femelles des larves mâles avant la formation de la pupe. Les pupes femelles sont plus difficiles à différencier des pupes mâles puisque les gonades subissent de profondes transformations durant la métamorphose. Les pupes femelles sont généralement légèrement plus grosses et plus larges que les pupes mâles mais ce n’est pas toujours constant d’un individu à l’autre. Les asticots grandissent rapidement, en deux mues successives, et laissent les anciennes cuticules de leurs crochets buccaux visibles dans la purée de pommes. Les larves plus âgées se déplacent constamment à la surface du substrat ou s’enfoncent presque complètement dans celui-ci, laissant la plupart du temps émerger la paire de gros stigmates postérieurs. Parfois l’asticot s’enfonce plus profondément et ses stigmates perdent contact avec l’air, la larve finit par reculer après un moment pour reprendre contact avec la surface du substrat semi-liquide. L’asticot peut également avancer dans le substrat puis remonter à la surface, faisant émerger en premier sa partie céphalique. La larve dévagine alors ses stigmates antérieurs et s’immobilise quelques secondes. Par la suite, elle émerge complètement à la surface du substrat, rampe quelques temps à la surface de celui-ci, puis finit par replonger à nouveau à l’intérieur du milieu nourricier. Les asticots se nourrissent continuellement, en effectuant d’incessants mouvements de grattage, d’avant en arrière, de leurs crochets buccaux. Les larves entrent fréquemment en contact les unes avec les autres mais semblent s’ignorer et continuent de s’alimenter.
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Je suis entouré de Trolls, c'est un échec et non un constat. :-)