Élevage de la mouche à fruits Drosophila melanogaster Meigen (Drosophilidae)
Résumé
Stéphane Plante, Département des sciences du bois et de la forêt, Université Laval, Québec, Canada G1K 7P4 courriel
splante_1@hotmail.comLes conditions optimales d’élevage de la mouche à fruits, Drosophila melanogaster Meigen, ont été déterminées. Deux méthodes efficaces ont également été développées dans la manipulation des adultes et des larves lors de l’entretien des élevages. Le cycle vital de cette espèce a été étudié de près, de même que le comportement des adultes et des larves.
Introduction
La mouche à fruits, Drosophila melanogaster Meigen, d’environ 3-5 mm de longueur, est très utilisée par les biologistes moléculaires dans les études de génétique ainsi que par les aquariophiles qui nourrissent leurs poissons avec les adultes ou les larves. Ces insectes sont relativement communs en Amérique du Nord, bien que de nombreux individus sont échappés d’élevages en laboratoire. Ces mouches sont attirées par l’odeur des fruits très mûrs ou en décomposition et elles volettent souvent autour des poubelles contenant des épluchures de fruits. Le présent article a pour but d’établir les conditions optimales d’élevage de cette mouche et d’observer son cycle vital en laboratoire.
Matériel et méthodes
Obtention des insectes
Des spécimens ont été capturés à l’intérieur de la cafétéria du Pavillon Charles-Eugène Marchand du campus de l’Université Laval. Les mouches volaient autour des poubelles de la cafétéria ou au hasard dans les différents laboratoires. Elles étaient très peu nombreuses, probablement échappées d’un laboratoire et véhiculées à l’étage inférieur par les conduits de ventilation de l’édifice. Ces mouches avaient des yeux rouge clair, des ocelles incolores, et un corps brun pâle; il s’agissait de la souche mutante scarlet (st). Une autre souche mutante a été obtenue d’un laboratoire du pavillon Marchand. Ces mouches se caractérisaient par des ailes recourbées vers le haut (Curly) et étaient incapables de voler. Des flacons, enduits de purée de banane, ont été placés à l’extérieur, dans un endroit ombragé et chaud, dans la banlieue de Québec, afin de voir si ces insectes étaient indigènes au Québec.
Élevage
Des flacons de plastique transparent, de 5 à 40 ml et de 5-8 cm de hauteur par 4-5 cm de diamètre, utilisés dans la vente de médicaments, ont été employés comme récipients d’élevage, ce qui facilite l’observation des adultes et des larves. Les couvercles de plastique ont été perforés de plusieurs trous, avec une grosse aiguille, afin d’assurer l’aération du milieu. Les flacons de plastique et leurs couvercles doivent être parfaitement propres et secs (nettoyés avec de l’eau fraîche du robinet ou de l’eau chaude) avant et après chaque usage, ce qui diminue les risques d’infestation des élevages par les moisissures ou les bactéries. Des fongicides peuvent être également ajoutés au substrat alimentaire bien que ces produits soient parfois difficiles à obtenir en pharmacie (micostatine ou 15 g de parahydroxybenzoate de méthyle dissous dans 150 ml d’alcool à 90o) (Bodenstein et al. 1950, Demerec et Kaufman 1964). Le milieu de culture est déposé d’un seul côté du fond du récipient, afin de laisser l’autre portion sèche et propre pour les Drosophiles adultes. Différents milieux de culture ont été testés : 1-purée de pommes seulement, 2-purée de pommes et vinaigre (acide acétique à 5%), 3-purée de pommes mélangée à une solution de vinaigre, de levure sèche et de sucre blanc raffiné. Le développement des mouches a été observé sur ces trois milieux de culture.
Pour introduire les mouches dans le milieu d’élevage, deux méthodes ont été développées: l’anesthésie au froid ou le transfert par flacons inversés. Les mouches fraîchement capturées sont placées au réfrigérateur durant 10 minutes, afin de les paralyser. Les mouches immobilisées par le
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Je suis entouré de Trolls, c'est un échec et non un constat. :-)