La métamorphose
Lorsque la larve a atteint sa taille maximale (4-5 mm de longueur), elle cesse de s’alimenter, vide ses intestins, et quitte la purée de pomme dans laquelle elle s’est développée. L’animal rampe sur les parois transparentes du flacon et y adhère par capillarité, puisque les larves sont constamment humectées du liquide de la purée de pommes. La larve mature finit par s’immobiliser sur les parois sèches du flacon ou sous le couvercle. Les crochets buccaux se rétractent dans l’apex antérieur de l’animal alors que les stigmates antérieurs font saillie, prenant l’aspect de deux petites cornes ramifiées. Les stigmates postérieurs conservent leur apparence habituelle. La larve se raccourcit quelque peu et prend une forme plus ou moins ovoïde. Ce changement de forme est provoqué par l’action des muscles sur la dernière cuticule de la larve (Bodenstein et al. 1950). La dernière cuticule larvaire forme l’enveloppe transparente, plus ou moins blanchâtre, de la pupe. Trois heures après l’immobilisation de la larve mature, la coloration de la pupe passe au brun marron mais la cuticule reste translucide. Quatre heures après la formation de la pupe, une masse blanchâtre se découpe à l’intérieur de la pupe et une zone libre, remplie d’air, devient visible, entre la partie antérieure de la pupe et celle de la nymphe blanchâtre, à l’intérieur. Toute pupe présentant une bulle d’air ailleurs que dans la partie antérieure est non viable. La nymphe décolle son propre épiderme blanchâtre de la cuticule brunâtre et translucide de la pupe. La nymphe forme une structure blanchâtre de forme ovoïde allongée. 12 heures après la formation de la pupe, la nymphe dévagine, par des contractions musculaires, les structures de la tête de la future mouche, il en est de même pour les ébauches des pattes, des ailes et des balanciers. Une nouvelle cuticule se forme ensuite sur l’épiderme de la nymphe. Celle-ci est maintenant divisée en trois parties, tête, thorax et abdomen. Durant ces transformations, la nymphe occupe un peu moins de volume dans l’enveloppe de la pupe; la partie postérieure de la nymphe est étroitement accolée à la cuticule de la pupe alors que la région céphalique est séparée de la cuticule pupale par une zone remplie d’air. Des pupes contenant des nymphes dont la partie postérieure est décollée de la cuticule postérieure de la pupe sont non viables. Durant la métamorphose, les organes larvaires (glandes salivaires, corps adipeux, intestin et muscles) sont détruits par histolyse alors que les disques imaginaux, contenant les ébauches des organes adultes à l’intérieur du corps de la larve, sont transformés en organes adultes (Bodenstein et al. 1950). Durant les 5 à 6 jours suivant la sortie de la larve mature du milieu nourricier, la nymphe se colore peu à peu; les yeux de la mouche se colorent en premier, puis les poils corporels et les ailes repliées. Lorsque l’émergence de l’imago est imminente, la jeune mouche commence à tressaillir du bout des pattes ou de la trompe. Tous ces événements peuvent facilement être observés en examinant les pupes collées sur les parois transparentes du flacon d’élevage. L’émergence de l’adulte est rapide. L’imago dévagine un sac membraneux (ptilinum), situé à la base des antennes, pour soulever l’opercule, situé sur la partie dorsale antérieure de la pupe et il s’extrait rapidement de celle-ci. Le ptilinum se rétracte aussitôt dans la tête de l’insecte, une fois qu’il est sorti de la pupe (Bodenstein et al. 1950). La jeune mouche se déplace bientôt sur les parois transparentes du flacon d’élevage. Ses couleurs sont très pâles et elle est encore incapable de voler ou de s’alimenter. Ses ailes sont sombres et repliées, elle demanderont quelques heures pour se déployer et sécher, alors que la trompe est dépliée; elle prendra sa place habituelle en quelques heures. Le lendemain de l’émergence, les mouches possèdent les couleurs propres à leur sexe mais celles-ci sont plus pâles que chez les sujets agés d’une semaine. La coloration des mouches demande quelques jours pour atteindre son aspect définitif. Le cycle complet, de l’œuf à l’imago, prend environ une semaine à 10 jours, selon la température.
Effet du milieu de culture sur le développement de la drosophile
Il a été mentionné précédemment que la teneur en sucre et en levure du milieu de culture exerçait une forte influence sur la fertilité et la viabilité des drosophiles. La qualité de l’alimentation durant le stade larvaire déterminera la robustesse de l’adulte, sa taille, sa coloration, et enfin sa fertilité. Les mouches élevées dans de la purée de pommes mélangée au vinaigre étaient de petite taille et de coloration plus ou moins foncée. Les larves se nymphosaient précocement, à une taille de 3-4 mm de longueur, et les pupes étaient plus petites, plus allongées, et plus étroites que celles provenant d’un milieu enrichi en sucre raffiné et en levure. Le tube digestif des larves élevées dans la purée de pommes sans levure contenait moins de nourriture que chez les larves nourries de purée de pommes, de sucre et de levure. Chez ces dernières, le tube digestif contenait une substance jaune foncé à brun foncé, possiblement les cellules de levure prélevées dans le milieu et concentrées dans le tube digestif de la larve. Les larves nourries de levure et de sucre atteignaient une taille supérieure (4-5 mm de longueur) au moment de la nymphose et les corps adipeux blanchâtres, visibles par transparence à travers le corps de la larve, étaient plus développés chez ces larves que chez celles alimentées uniquement de purée de pommes. La mortalité pupale était plus importante chez les larves privées de levure que chez celles qui en bénéficiaient dans leur régime alimentaire. Enfin, la croissance des larves sur un milieu enrichi de levure et de sucre blanc raffiné était plus rapide que chez les autres privées de ces nutriments. Toutes ces observations indiquent que la levure et le sucre doivent impérativement faire partie de la composition chimique du milieu du culture de la drosophile. Le vinaigre (acide acétique 5%), servant de solvant à la levure sèche et au sucre blanc, acidifie la purée de pommes suffisamment pour empêcher la croissance de moisissures et de bactéries et il constitue également un ingrédient essentiel à la réussite de l’élevage de ces petites mouches.
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Je suis entouré de Trolls, c'est un échec et non un constat. :-)