I – IntérêtLes paramécies sont des microorganismes présents dans les milieux aquatiques riches en matière organique et en débris organiques en décomposition. On peut les rencontrer aussi bien dans une flaque temporaire, dans de la mousse humide que dans un étang. Les paramécies sont aussi présentes dans nos aquariums, mais à une concentration moindre. Elles ont la faculté de s’enkyster sur les végétaux pour supporter la sècheresse provisoire de leur habitat. Sous cette forme, elles peuvent être transportées par d’autres êtres vivants vers d'autres points d'accueil. L’intérêt d’isoler une souche est avant tout d’obtenir une souche sauvage sans la présence d’autres organismes opportunistes (parasites, pathogènes ou prédateurs), de sélectionner une espèce de paramécie en fonction de sa taille, de sa facilité de culture, de son pouvoir de multiplication etc… Je vous propose donc une technique simple de purification d’une souche que vous pourrez garder à long terme.
II – La collecteVous avez différentes possibilités :
1) Vous pouvez laisser macérer des végétaux non ligneux dans un contenant ayant une grande surface de contact eau/air. Un biofilm bactérien va apparaître en surface rapidement. Ce biofilm constituera la nourriture de vos futures paramécies qui présentes sous forme de kystes, vont se développer rapidement.
2) Vous êtes adepte de la culture sur radeau, de riz Paddy (voir culture sur radeau, section bricolage). Le processus sera identique au cas 1
3) Vous pouvez prélever de l’eau d’une mare ou de votre bac.
Dans les trois cas, la purification ne débutera que lorsque vous apercevrez visuellement, une forte concentration de paramécies.
III – La purificationVous prélevez 1 ml de votre culture. Au microscope, vous verrez une multitude d’organismes présents avec vos paramécies. Le plus souvent les vorticelles et les amibes sont de la partie. A l’aide d’une cellule de Malassez (plaque de verre quadrillée qui permet de compter un nombre théorique de cellules), vous dénombrez, sous microscope, la densité théorique de vos paramécies. Vous rapportez ce nombre à un volume de 1 à 10 ml de votre culture cellulaire. Lorsque vous avez calculé le nombre théorique de vos paramécies dans un volume X, vous procédez à différentes dilutions pour ne mettre en culture qu’une seule paramécie. Je m’explique : vous avez un millier de paramécies dans 10 ml, donc une centaine dans 1 ml donc 1 (en théorie) dans 10 µl. Ce qui n’est pas facile à prélever précisément.
Si de votre quantité initiale, vous conservez 100 paramécies par ml et que vous ajoutez à ce ml, 9 ml d’eau pure (osmosée ou distillée). Vous avez une concentration de 100 paramécies dans 10 ml, donc 1 paramécie dans 100 µl (ce qui est beaucoup plus simple à prélever). Vous pouvez augmenter la dilution, pour avoir en théorie 1 paramécie pour 1 ml. Ce chiffre est théorique. Dans le cas 1 paramécie dans 100 µl, si je prélève 100 µl de ma dilution, je peux en
pratique prélever 1 paramécie, ou deux paramécies, ou un opportuniste, ou plusieurs etc…
Donc, pour avoir la chance d’avoir une culture pure, il faut avant tout multiplier le nombre de culture en plaque de 96 puits de culture (plaques NUNC). 4 ou 5 plaques de 96 puits sont idéales (vous avez alors plus de chances d'avoir au moins 1 culture pure). Dans chaque puit, vous appliquez 100 µl de milieu nutritif (à base de lait) exempt de tout opportuniste et 100 µl de votre culture. Au bout de deux trois jours, vous regardez vos micro-cultures sous microscope. Les cultures saines (paramécies) sont conservées (mais non poolées ensemble, car chaque micro-culture est unique et potentiellement non pure), les autres micro-cultures sont jetées. Il est possible de repurifier vos micro-cultures conservées. Pour cela, il faudra reprendre le protocole ci-dessus.
IV – Maintenance de votre cultureVous avez un certain nombre de puits de 200 µl intéressants. Chaque culture peut être alors passée à 5 ml de milieu de culture neuf. Puis dès que la colonie est dense, à 25 ml, puis 50 ml, puis 100 ml etc…En moins d’un mois, vous aurez 1 litre de culture de paramécies pures (si toutefois le matériel employé est exempt de toute souillure). Le résultat en vaut la peine. Vous pourrez sélectionner de petites paramécies pour de très petits alevins, comme de plus grosses (certaines espèces forestières peuvent mesurer 2 mm de long).
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